mardi 15 avril 2014

THE SPECIALS ~ Stereo-Typical - A's, B's & Rareties [3CD] [C. 2000] "CMD627"


J'en suis à la quatrième version (avec des histoires différentes) de mon prochain chapitre pour le Feuilleton électrique et je sens qu'il va encore me falloir du temps pour débrouiller tout ça. Afin de faire patienter les foules toujours plus impatientes (sic !), ce magnifique coffret devrait vous mettre dans l'ambiance, il suffit de lire les titres : Gangster, Skinhead symphony, Racist friend ou What I like most about you is your girlfriend... Et ce n'est qu'une partie de la somptueuse aventure, puisque vous avez-là l'ensemble des singles (faces A et B + quelques juteuses raretés). Les anglais ont tout de même un don pour s’accaparer les musiques du monde entier et en faire des comptines qui semblent purement British. Voilà un groupe qui prête autant à danser qu'à réfléchir : une sorte de bénédiction en quelque sorte.      
Jimmy JIMI (Un grand merci aux visiteurs qui laissent des commentaires!)



Tracklist :
CD1 :
01 - Gangsters
02 - A Message To You Rudy
03 - Nite Klub
04 - Too Much Too Young
05 - Guns Of Navarone
06 - Skinhead Symphony
07 - Rat Race
08 - Rude Boys Outa Jail
09 - Stereotype
10 - International Jet Set
11 - Do Nothing
12 - Maggie's Farm
13 - Braggin' And Tryin' Not To Lie
14 - Rude Boys Outa Jail (Version)
15 - Ghost Town
16 - Why
17 - Friday Night Saturday Morning
18 - Concrete Jungle [Live]
19 - Racquel
CD2 :
01 - The Boiler
02 - Theme From The Boiler
03 - Jungle Music
04 - Rasta Call You
05 - Easter Island
06 - War Crimes (The Crime Remains The Same)
07 - Version
08 - Racist Friend
09 - Bright Lights
10 - Nelson Mandela
11 - Break Down The Door
12 - What I Like Most About You Is Your Girlfriend
13 - Can't Get A Break
14 - Nelson Mandela '88
15 - Ghost Dub '91
16 - Let Us Unite
CD3 :
01 - Ghost town [Extended Version]
02 - Why
03 - War Crimes (The Crime Remains The Same)
04 - Racist Friend (Instrumental)
05 - Bright lights (Instrumental)
06 - Nelson Mandela
07 - Break Down The Door
08 - What I Like Most About You Is Your Girlfriend
09 - Can't Get A Break
10 - Nelson Mandela '88
11 - Ghost Dub '91 - Let Us Unite
MP3 (320 kbps) + artwork
ZS1
ZS2
ZS3

lundi 14 avril 2014

GIORA FEIDMAN ~ The Magic Of The Klezmer [1986]


Certaines personnes ont une géographie intime : des lieux où leur être tout entier vibre à l’unisson du paysage. Il en va de même pour certaines musiques dont on sent qu’elles chantent au plus près de notre âme. Alors que vous étiez perdu dans une foule oppressante, étourdi par un brouhaha assommant, soudain vous entendez une voix familière tinter doucement à vos oreilles. Est-ce une mère, une amante, une sœur, un frère, un père ? Tout cela et bien plus. C’est l’esprit d’enfance qui vient vous parler du fond de votre mémoire la plus ancienne. Une souvenance qui daterait d’avant votre naissance comme si vous portiez littéralement cette musique dans le creux de toutes vos cellules. Lorsque je découvris la musique klezmer, il en fut ainsi. C’est une mère dans les bras desquels j’enfouis mon corps fatigué ; c’est une amante sur le sein de laquelle je pose ma tête en extase. Comment l’expliquer ? Cela ne se peut. Si je devais un jour proposer à quelqu’un une rencontre inoubliable de beauté, je lui ferai écouter The Magic of the Klezmer de Giora Feidman. Lorsque je me plonge dans cette musique, je vois défiler devant mes yeux les personnages truculents des Récits d’Odessa de Isaac Babel : truands juifs aux sourires de rasoir qui tuent comme ils respirent puis sont secoués de sanglots dans un même élan. Dans mon esprit revient également le choc de mon arrivée dans le vieux ghetto juif de Venise un jour ensoleillé du mois de mars : sa place principale me procura une émotion que j’aurais peine à décrire. Il y a pour moi dans cet album de Giora Feidman, tout l’ensorcellement, toute la joie baignée de larmes de la musique klezmer, toutes les nuances de la tradition yiddish que je connais, hélas ! fort peu. Cet album "magique" – il faut bien le dire – fera vivre sous vos yeux des scènes mémorables : vous y croiserez un jeune marié partant à la synagogue épouser sa promise avec la joie au cœur et le rire aux joues ; vous assisterez à la vie animée d’un ghetto, ses habitants qui se croisent et se saluent respectueusement du chapeau ; vous verrez enfin des hommes et des femmes avec des sourires comme autant de virgules de lumière. Du sein de cet album s’échappe une irrésistible cocasserie mêlée à une atmosphère diasporique qui charrie dans son sillon des cœurs lourds de chagrin – ainsi qu’un souffle propice au recueillement de l’âme. Si le génial guitariste Sabicas est l’emblème du flamenco dans le monde entier, alors Giora Feidman hisse, quant à lui, bien haut les couleurs de la musique klezmer. L’immense compositeur et chef d’orchestre, Leonard Berstein, disait ceci de Giora Feidman : "Vive Giora ! Vive sa clarinette, vive sa musique ! Il construit des ponts entre les générations, les cultures et les classes et il le fait avec un parfait génie artistique.". Soyez bons pour vous-mêmes et offrez à votre âme de l’enchantement. La joie, c’est comme la beauté : on n’en n’est jamais rassasié.
Evgueni ISCARIAN (Un grand merci aux visiteurs qui laissent des commentaires!)



Tracklist :
01 - Songs Of Rejoicing
02 - Ki Mizion
03 - The Mothers In Law
04 - Happiness Is A Nigun
05 - Papirossen (Cigarettes)
06 - With Much Sentiment
07 - Friling (From “Ghetto”)
08 - The Marketplace In Jaffa
09 - Hopkele
10 - Nigun
11 - A Dudele
12 - Music For “Ghetto”
13 - Humoresque (Halaka Dance)
14 - Gershwin Suite
15 - Freilach
MP3 (320 kbps) + front cover

vendredi 11 avril 2014

LOU REED ~ Lecture Publique Au CentQuatre À Paris [2008]


Certains cadeaux sont trop gros, ils mangent toute la place dans le salon, ils dévorent, surtout, tout l'espace du cœur. Evgueni, je ne sais comment te remercier, mais je pense que tu as compris... Lou me manque comme un parent ou un ami. Et je me réveille au milieu de la nuit - qui n'est pas toujours beau. Et je vais pisser. Et je regarde les nuages par la fenêtre. Et j'entends une chanson qui remonte du très fond de mon enfance. Et un fantôme me murmure ce que j'ai besoin d'entendre... Lou n'était pas commode, mais qui a besoin d'une "idole" toujours souriante et pratiquant la langue de bois - en oubliant quelle est pleine d'échardes. Aujourd'hui, la seule vision de la pochette de Transformer me plonge dans la baignoire à sanglots ; j'attends le jour ou je pourrais écouter la voix de Lou sans penser qu'il est passé de l'autre côté du miroir (en laissant des bris de verre partout, le salaud) - mais sera-ce jamais possible ? J'ai envie d'hurler à la mort quand un malotru dit : "Ce n'est que de la musique.", comme si ce n'était pas plus important que ça, comme si ça n'influait pas sur le rythme cardiaque de nos vies, comme si...    
Jimmy JIMI   

"Je ne suis pas une rock and roll star, je suis un écrivain qui écrit et produit ses propres trucs." Le 20 octobre 2008, Lou Reed a fait une lecture publique au CentQuatre à Paris. Pas n’importe quelle lecture : ce sont les textes de certaines de ses chansons qu’il déclame avec une émotion presque palpable, ceux de la radio Lou, fréquence qu’il était le seul à pouvoir capter ; sa radio intime en quelque sorte, son labyrinthe de paroles, d’images toutes plus poignantes les unes que les autres. C’était à l’occasion de la parution d’un livre aux éditions du Seuil, intitulé Traverser le feu, ouvrage qui rassemble l’intégrale des textes de ses chansons. France Culture a eu la très bonne idée de retransmettre sur ses ondes cet enregistrement unique où la voix du vieux rocker s’avance, nue, sans guitare, portant en bandoulière le feu de ses mots. La traduction française arrive ensuite, relayée par la voix de Caroline Ducey. Puis, quelques chansons viennent émailler le fil de la lecture. Ainsi lus sans musique, les textes de ses chansons prennent une tout autre texture : les images se font plus présentes, plus persistantes. Elles se gravent dans notre esprit comme une marque au fer rouge. Et que dire de cette voix qui a tant vécu, cette voix d’homme – sans doute au fond si proche de l’enfant qu’il fut –, qui nous fait le don unique de son témoignage artistique, de sa parole créatrice ; cette parole qui s’offre à nous comme une embrassade fraternelle… Lou Reed a hissé la grand-voile et navigue sur le fleuve de sa mémoire. C’est cinq ans plus tard, presque jour pour jour, qu’il ôtera le masque bleu de son visage pour regarder Charon droit dans les yeux. En sa compagnie, il se peut qu’il soit allé traverser le Styx pour ensuite laver son corps et son âme dans les eaux bienfaisantes de l’oubli – dans le miroir du Léthé. Sa propre traversée du feu, il devait l’accomplir seul – laissant ses frères humains derrière lui se débrouiller comme ils le peuvent. Entendre cette voix nue nous lire les mots d’une vie entière, c’est beau comme l’éclair qui fendille l’eau noire du ciel avec son harpon de lumière.
Evgueni ISCARIAN (Un grand merci aux visiteurs qui laissent des commentaires!)




MP3 (320 kbps) + front

200 Membres !


Lorsque j'ai commencé à fréquenter les blogs et que je voyais que certains comptaient jusqu'à 200 membres, je me disais que ce devait être des "adresses sérieuses". Eh bien, depuis hier, et après un peu plus de trois ans d'existence, il se pourrait que Le Club Des Mangeurs De Disques soit, à son tour, devenu une "adresse sérieuse" (mais rien n'est moins sur !). Je vous rassure, ce n'est pas ça qui va me donner la grosse tête car je l'avais déjà depuis longtemps ! Je n'ai été récompensé ni d'un Oscar, ni d'un César, ni d'une Victoire De La Musique, mais j'ai tout de même quelques remerciements sous le coude ! D'abord, mes pensées vont à mes chers petits lustucrus : Arewenotmen?, Everett W. Gilles, Evgueni Iscarian, Projectobject et Sorgual, sans qui ce blog serait peut-être un tout petit peu moins bien ! Ensuite, il me faut absolument remercier les plus fidèles, ceux qui - souvent depuis plusieurs années - me manifestent régulièrement de l'affection (même s'ils ne lisent (ou ne commentent) pas tous mon feuilleton électrique !). Enfin, je me dois donc de saluer comme il se doit les 200 membres du Club. Il me faut tout de même apporter un petit bémol à tant d’allégresse (on ne change pas un vieux ronchon) : votre adhésion me touche, seulement, parmi vous, il y a une quantité non négligeable de personnes dont je n'ai jamais lu ne serait-ce que le moindre petit commentaire ! Je sais : vous n'avez pas le temps et vous ne savez pas toujours quoi écrire, n'empêche qu'un minuscule "merci" (que vous pouvez éventuellement remplacer par des termes plus jeunes tels que "super", "cool" ou carrément "yo" !) de presque rien du tout, une fois en passant, m'encouragerait à poursuivre gaiement cette folle aventure. A bientôt pour les 300 et - n'oubliez jamais - la musique doit envahir le monde ! 
Jimmy JIMI (Un grand merci aux visiteurs qui laissent des commentaires!)               

jeudi 10 avril 2014

ROY ORBISON ~ Mystery Girl [1988] "CMD626"


On s'en serait douté : quand les dieux et les diables copulent, ça peut offrir d'improbables résultats - comme la vie de Roy Orbison : une impossible tronche de cake à lunettes, mais une voix qui faisait pâlir Elvis en personne ; une existence à tutoyer les étoiles ou à boire ses larmes (sa première femme est décédée des suites d'un accident de moto et il perdra deux de ses enfants dans l'incendie de sa maison). On peut évidemment préférer sa période Sun ou Monument, mais ce disque du retour, qui le fit connaître aux nouvelles générations, demeure une véritable bénédiction, un trésor inusable. Hélas, Roy était poursuivi par un chat noir particulièrement tenace, et il succombera d'une crise cardiaque avant de voir paraître ce Mystery girl dont il se disait si fier...  
Jimmy JIMI (Un grand merci aux visiteurs qui laissent des commentaires!)



Tracklist :
01 - You Got It
02 - In The Real World
03 - Dream You
04 - A Love So Beautiful
05 - California Blue
06 - She's A Mystery To Me
07 - The Comedians
08 - The Onely One
09 - Windsurfer
10 - Careless Heart
11 - You May Feel Me Crying [Bonus Track]
MP3 (320 kbps) + artwork
ZS

mercredi 9 avril 2014

CABARET VOLTAIRE ~ The Voice Of America [1980]


Les Improbables # 09


Je ne parlerais pas de l'influence des groupes underground qu'ils fussent de New York comme The Velvet Underground ou de la côte ouest tels The Mothers Of Inventions ou The Fugs, et pas davantage de celle issue d'une musique contemporaine en ébullition avec La Monte Young ou Terry Riley, mais le constat est là… après une déferlante punk, la musique se repositionne politiquement avec des arguments encore plus dures, et la musique industrielle en est un parfait exemple ; il y a eu l'étrange Metal machine music de Lou Reed ou encore le duo Alan Vega / Martin Rev avec leur combo Suicide, mais d'autres ont poussé plus loin cette politisation de Throbbing Gristle à MX-80 Sound en passant pas les bouchers de Chrome et bien avant que Sonic Youth et autre Eintürzende Neubaten ne balbutient leur premier bruit. Et si "Industrial music for industrial people" est le slogan utilisé pour le label Industrial Records fondé par Thobbing Gristle, il n'en est pas moins celui d'une aventure dans laquelle trop peu de groupes ont osé s'engouffrer, probablement trop dangereux. Dans ce domaine, j'ai un petit faible pour ce groupe de Sheffield pour lequel j'avais offert une page "commentaire" un album réunissant des œuvres s'étalant de 1978 à 1982 : Cabaret Voltaire. Cette fois-ci, je propose pour cette Improbable leur album qui me tient le plus à cœur, et peut-être même leur meilleur...
PROJECTOBJECT (Un grand merci aux visiteurs qui laissent des commentaires!)




Tracklist :
01 - The Voice Of America/Damage Is Done
02 - Partially Submerged
03 - Kneel To The Boss
04 - Premonition
05 - This Is Entertainment
06 - If The Shadows Could March?
07 - Stay Out Of It
08 - Obsession
09 - News From Nowhere
10 - Messages Received

MP3 (320 kbps) ou CD-R AIFF + artwork
DFMP3
DFCD

mardi 8 avril 2014

DEAD MAN’S BONES ~ Dead Man’s Bones [2009]


Le vent craque dans les branches. À moitié endormi et les yeux cernés, vous cheminez dans une forêt : la brume s’enroule au vert fatigué des sapins comme une écharpe grise au cou d’une femme morte. Des aiguilles grincent sous vos pas telle une armée de fourmis ; des gouttes de pluie perlent des feuilles en larmes sylvestres. Le Grand Pan est mort. Vous marchez sans savoir où vous allez lorsqu’une clairière s’ouvre devant votre regard. Au milieu, une maison abandonnée, de style colonial. Vous avancez de quelques pas au milieu d’un jardin fleuri de pierres tombales. L’air est froid : votre bouche est un encensoir d’où s’échappe une fumée blanche. L’imposante demeure semble inhabitée. La porte que vous poussez sort de ses gonds. Vous pénétrez dans le ventre de la maison, avec quelque appréhension, comme Jonas dans le ventre de la baleine. L’odeur du bois humide emplit vos narines. De vieilles robes fripées jonchent le sol ; des costumes élimés au parfum de naphtaline sont accrochés dans une penderie sans âge. La maison tangue sous la gifle du vent tel un cétacé pris dans la tempête du Jugement Dernier. Le salon est rempli de meubles anciens : ruines d’un autre temps attaquées par la vermine. Derrière des volets fendus, poudroie dans l’air la froide lumière d’un soleil déchu tandis que des squelettes aux sourires d’anges lévitent au-dessus du plancher vermoulu. Ulysse pétrifié dans cet étrange vaisseau vomi par la terre noire, vous percevez d’étranges voix de sirènes qui descendent du grenier pour s’infiltrer dans vos oreilles ensorcelées. Allez-vous monter dans la gorge d’ombre pour y perdre votre âme ? Peu importe. Il est trop tard pour faire demi-tour : vous êtes immobile comme une statue de sel ; et c’est en somnambule que votre corps ravi flotte tel un drap jusqu’à l’étrange chorale d’un autre âge qui joue avec des ossements dans une lumière d’automne. Vous croyez rêver ? Mais la vie est un songe et le Léviathan vous avale tout entier dans sa gueule de bois. Nul ne sait s’il vous laissera sortir. Alors vous aménagerez à votre guise ce grand cercueil d’échardes et d’os... Les Canadiens ont l’art de créer des atmosphères envoûtantes : de Steppenwolf en passant par le grand Neil Young. Depuis, le flambeau mystérieux et mystique a été repris entre autres par des groupes comme Godspeed You! Black Emperor et leur majestueux avatar intitulé Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra ; ou encore par des formations habitées telles que Timber Timbre, Broken Social Scene et Arcade Fire. C’est en l’an 2009 que Dead Man’s Bones est venu se joindre à cette histoire musicale bariolée. Cet album éponyme est une maison hantée où le temps semble s’être arrêté. Faites confiance à Ryan Gosling et Zach Shields pour vous guider dans les ombres du passé. Laissez-vous emmailloter dans la toile d’araignée que tisse leur musique d’outre-tombe. Vous aimez jouer aux osselets ? Voilà qui tombe bien !
Evgueni ISCARIAN (Un grand merci aux visiteurs qui laissent des commentaires!)
P.S. : pour voir les Dead Man’s Bones en live et en os, c’est ici :


Tracklist :
01 - Intro
02 - Dead Hearts
03 - In The Room Where You Sleep
04 - Buried In The Water
05 - My Body’s A Zombie For You
06 - Pa Pa Power
07 - Young & Tragic
08 - Paper Ships
09 - Lose Your Soul
10 - Werewolf Heart
11 - Dead Man’s Bones
12 - Flowers Grow Out Of My Grave
MP3 (vbr) + artwork