mardi 22 avril 2014

THE METERS ~ Rejuvenation [D.R.] [1974] "CMD629"


A titre personnel, les strass du glam rock me suffisent amplement. Depuis toujours, le disco me déprime, et j'éprouve les pires difficultés à comprendre ceux qui évoquent avec nostalgie son univers misérabiliste. Dans mon esprit, sans doute étroit, le disco n'a jamais été que de la soul dépourvue d'âme (un comble) avec un rythme gonflé au-delà de la caricature. Comme je ne suis pas tout à fait sourd, je reconnais qu'un groupe tel que Chic (on ne cite quasiment que celui-ci, c'est dire la richesse du mouvement) touche plutôt bien sa bille, mais si la technique n'est pas au service de l'émotion, elle ne sert à rien, n'est que poudre aux yeux, paillette pour les oreilles. Chic, c'est cette fille qui essaye tellement d'être parfaite qu'elle en devient vulgaire ! Elle semble sublime, mais elle est refaite de partout, si sophistiquée et imbue de sa petite personne qu'elle ne peut jouir qu'en face d'un miroir (doré à l'or fin). On pourra éventuellement se masturber en pensant à son petit doigt, impeccablement verni et aligné sur la couture du bas de soie, mais j'ai connu plus excitant. Les Meters, par exemple. Ici, la rythmique ne sent pas la silicone, elle a cette souplesse sexy si caractéristique des groupes de la Nouvelle Orléans. Question technique, on m'excusera d'être un tantinet trivial, mais Chic peut retourner péter dans ses draps de satin rose fluo ! A l'époque, Mick & Keith, pour une fois d'accord, les considéraient comme le plus beau groupe du monde. Leur fille à eux est d'une autre nature que la précédente. Elle est stupéfiante de beauté, mais fait comme si elle ne le savait pas, et quand elle croise un miroir, elle vous prend par la main pour aller danser de l'autre côté, dans la jungle des émotions. Une autre façon de concevoir l'amour et la fête, je suppose...                
Jimmy JIMI (Un grand merci aux visiteurs qui laissent des commentaires!)



Tracklist :
01 - People Say
02 - Love Is For Me
03 - Just Kissed My Baby
04 - What'cha Say
05 - Jungle Man
06 - Hey Pocky A-Way
07 - It Ain't No Use
08 - Loving You Is On My Mind
09 - Africa
10 - Hey Pocky A-Way [Single Version - Bonus Track]
11 - People Say [Single Version - Bonus Track]
MP3 (320 kbps) + artwork
ZS

dimanche 20 avril 2014

A real good time together # 10


Que Jeepeedee et ses Cowboys Etanches ai choisi un blog connu pour ses goûts douteux (heavytrashdeath metal, ce genre) pour présenter son Dur caillou me laisse perplexe ! Pour sa peine, je vais prendre mon temps pour dire tout le bien que j'en pense. Si vous voulez découvrir cette (petite!) merveille, c'est donc (malheureusement !) par ici que ça se passe :
http://keith-michards-compiles.blogspot.fr/2014/04/les-cowboys-etanches-2014-dur-caillou.htm
P.S. : plaisanterie mise à part, Keith a fait un superbe boulot d'accroche... 

samedi 19 avril 2014

KEATON HENSON ~ Birthdays [Deluxe Edition] [2013]


Voici un jeune homme Anglais né en 1988 et qui semble sorti tout droit d’une autre époque. Etre fragile, dandy sensible, Keaton Henson est un roseau blanc battu par les vents. Depuis sa tour d’ivoire perdue dans les bois, il nous offre pour trésor le témoignage d’un cœur plus cassant que du verre. Avec sa barbe épaisse, son visage creusé comme une roche rongée par des pluies diluviennes et ses yeux caves, ce jeune poète échevelé aux allures de clochard céleste ou de personnage dostoïevskien ne sera jamais une étoile du rock. C’est un oiseau blessé qui cherche à retrouver son nid, un livre déchiré en quête de sa reliure divine. Ainsi que je l’ai lu quelque part, les concerts sont une épreuve presque insurmontable pour ce jeune homme à fleur de peau : sujet à des crises de panique fréquentes, ce n’est pas tant sur scène qu’il donne à voir son feu et ses larmes mais bien dans ses disques. Cet album a comme un goût de gâteau d’anniversaire qu’on passerait tout seul, isolé dans sa chambre, loin du bruit et des cotillons de la fête. Keaton Henson est un être lucide et tourmenté. Les peines d’amour, les amitiés déçues, la mort sont autant de sujets qui affleurent en ronces rouges du sein de ses chansons. Solitaire, il fuit les foules comme un homme plongé dans des eaux en furie tenterait de se dérober à la noyade. Son chant ne ment pas. "Chanter est façon d’être nu", ainsi que le clame Jean-Louis Murat, autre grand solitaire. Il y a dans la voix du jeune Keaton Henson une blessure qu’on aimerait panser, une plaie sur laquelle on souhaiterait pouvoir déposer un peu de baume fraternel. Voici des paroles, issues de Beekeeper : "You all say I’ve crossed a line / But the sad fact is I’ve lost my mind / Because I’m just gettin’ started, let me offend / The devils got nothing on me my friend / All I want is to be left alone / Tact from me is like blood from a stone…" Le poète français, Pierre Reverdy, le disait déjà avec force : "S’agit-il de distraire ? Point du tout. Il s’agit d’émouvoir. Ce qui n’est rien de moins que faire jaillir la source du rocher." Puissiez-vous être sensible à cette source d’eau et de feu mêlés, à cette fleur de peau qui, sans jamais rien compter, nous fait don de ses pétales déchirées.
Evgueni ISCARIAN (Un grand merci aux visiteurs qui laissent des commentaires!)




Tracklist :
01 - Teach Me
02 - 10am, Gare Du Nord
03 - You
04 - Lying To You
05 - The Best Today
06 - Don’t Swim
07 - Kronos
08 - Beekeeper
09 - Sweetheart, What Have You Done To Us
10 - In The Morning
11 - Milk Teeth
12 - If I Don’t Have To
13 - On The News
MP3 (320 kbps) + artwork

vendredi 18 avril 2014

ROD STEWART ~ Rareties [2CD] [C. 2013] "CMD628"


Il y a ceux qui savent (que Rod fut un des plus beaux et émouvants chanteurs de l'univers - et peu importe les kilos de daubes mal dégrossies qu'il commettra par la suite) et les autres, les incrédules, les malheureux, qui sont persuadés d'avoir une discothèque en béton, alors qu'ils ne possèdent même pas un exemplaire de Every picture tells a story ! Comme je les plains, les pauvres ! Toujours accompagné de ses fabuleux Faces, exceptionnels dans le rock'n'roll débraillé et jouissif comme dans la ballade brise cœur,  ce double album de raretés des grandes années fera pleurer les fans. Les autres, j'en suis certain, s'apercevront un jour de leur monumentale erreur...     
Jimmy JIMI (Un grand merci aux visiteurs qui laissent des commentaires!)



Tracklist :
CD1 :
01 - It's All Over Now [Single Version]
02 - Country Comforts [BBC Radio 1 Performance]
03 - Maggie May [Early Version]
04 - Seems Like A Long Time [Alternate Version]
05 - Lost Paraguayos [Alternate Version]
06 - Italian Girls [Early Version]
07 - You Wear It Well [Early Version]
08 - I'd Rather Go Blind [Alternate Version]
09 - Angel [Alternate Version]
10 - What's Made Milwaukee Famous (Has Made a Loser Out of Me)
11 - Pinball Wizard (From 'Tommy')
12 - Everytime We Say Goodbye [Summer 1973 Sessions]
CD2 :
01 - Oh! No Not My Baby
02 - Jodie
03 - So Tired
04 - Missed You
05 - Think I'll Pack My Bags [Early Version Of 'Mystifies Me']
06 - Girl From The North County [Alternate Version]
07 - (You Make Me Feel Like) A Natural Man [Alternate Version]
08 - Farewell [Early Version]
09 - So Tired [Early Version]
10 - You Put Something Better Inside Of Me
11 - Crying Laughing Loving Lying
12 - Maggie May [BBC Radio 1 Performance]
MP3 (320 kbps) +artwork
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jeudi 17 avril 2014

THE ROLLING STONES ~ Atlantic City '89 [B. 1989]


Dans le crépuscule des années 80, le "plus grand groupe de rock’n'roll du monde" affiche une mine blafarde. Les huit petites années séparant Exile on main street de Emotional rescue (1980) révèlent combien les pierres ont roulé à rebours et jusqu’au bord du précipice avec Undercover (1983) puis le si bien nommé Dirty work (1986). Seule consolation pour les fans (car il en restait malgré tout) au cours de cette triste et interminable décennie, Tatoo you (1981) n’est, pour l’essentiel, bâti que sur des compositions gardées longtemps au fond d’un tiroir. Les "Glimmer Twins" ne se supportent plus et se lancent chacun dans des carrières en solo (She’s the boss en 1985 et Primitive cool en 1987 pour Mick, qui se rêve en pop star, auquel Keith répondra par Talk is cheap en 1988). Puis les vieux frères se réconcilient (alors que Richards se faisait plaisir avec ses X-Pensive Winos en attendant - qui sait ? - des jours meilleurs, l’homme d’affaires avisé qu’est Jagger avait t-il senti que l’aventure en solitaire ne porterait pas tous les fruits escomptés ?). Ils font jaillir à nouveau l’étincelle avec Steel wheels, leur meilleur disque depuis bien longtemps (que certains iront même jusqu’à comparer à Let it bleed, c’est dire le désarroi qui régnait jusqu’alors…) et embarquent la famille pour sa plus monumentale tournée, la première depuis sept ans, celle qui inaugure l’ère de leurs mega-shows. Les Stones sont de retour et il faut que çà se sache. Let it bleed ! Le 19 décembre 1989, il investissent la scène du Convention Hall d’Atlantic City, "petite" salle de quinze mille places. La tournée nord-américaine a débuté au mois d’août, la grosse machine est rodée, réglée et huilée. Quinze musiciens sur scène. Sans compter les invités (Axl Rose & Izzy Stradlin de Guns & Roses, Eric Clapton et John Lee Hooker), pratique - à relent d’auto-célébration ? - qui deviendra récurrente. Start me up / Bitch : allume-moi S….e et tu es prévenue, c’est toujours moi le patron ! Les guitares ferraillent, les riffs s’abattent comme une pluie d’orage, les claviers ruissellent, les cuivres ronflent et claquent, les chœurs s’épanouissent et fleurissent. Charlie et Bill déroulent un somptueux tapis, à la fois ferme et élastique, à ce (très) joli monde. Les vieux hymnes (Midnight rambler, You can’t always get what you want) et les trésors (Salt of the Earth), qu’on n’osait pas ou plus aborder ressuscitent comme par magie. Le blues coule à large torrents (Little red rooster, Boogie chillen). L’introduction d’Honky tonk women vous colle le frisson comme au bon vieux temps. Et puis cette incroyable séquence Happy / Paint it Black / 2000 light years from home / Sympathy for the Devil / Gimme shelter, qui propulse le vaisseau et son équipage, le public et les auditeurs dans un firmament qu’ils pensaient peut-être ne plus jamais revoir… A ce moment là, oui, on pouvait encore y croire. Mais çà, c’était avant. Il y a tout juste vingt cinq ans.
AREWENOTMEN? (Un grand merci aux visiteurs qui laissent des commentaires!)




Tracklist :
01 - Intro
02 - Start Me Up
03 - Bitch
04 - Sad Sad Sad
05 - Undercover Of The Night
06 - Harlem Shuffle
07 - Tumbling Dice
08 - Miss You  
09 - Terrifying
10 - Ruby Tuesday 
11 - Salt Of The Earth (with Axl Rose & Izzy Stradlin)
12 - Rock And A Hard Place
13 - Mixed Emotions
14 - Honky Tonk Women
15 - Midnight Rambler
16 - You Can't Always Get What You Want 
17 - Little Red Rooster (with Eric Clapton)
18 - Boogie Chillen (with Eric Clapton & John Lee Hooker)
19 - Can't Be Seen 
20 - Happy  
21 - Paint It Black
22 - 2000 Light Years from Home 
23 - Sympathy For The Devil
24 - Gimme Shelter
25 - Band Introduction
26 - It's Only Rock'n Roll (But I Like It)
27 - Brown Sugar 
28 - (I Can't Get No) Satisfaction
29 - Jumping Jack Flash
MP3 (320kbps) + front cover

mardi 15 avril 2014

THE SPECIALS ~ Stereo-Typical - A's, B's & Rareties [3CD] [C. 2000] "CMD627"


J'en suis à la quatrième version (avec des histoires différentes) de mon prochain chapitre pour le Feuilleton électrique et je sens qu'il va encore me falloir du temps pour débrouiller tout ça. Afin de faire patienter les foules toujours plus impatientes (sic !), ce magnifique coffret devrait vous mettre dans l'ambiance, il suffit de lire les titres : Gangster, Skinhead symphony, Racist friend ou What I like most about you is your girlfriend... Et ce n'est qu'une partie de la somptueuse aventure, puisque vous avez-là l'ensemble des singles (faces A et B + quelques juteuses raretés). Les anglais ont tout de même un don pour s’accaparer les musiques du monde entier et en faire des comptines qui semblent purement British. Voilà un groupe qui prête autant à danser qu'à réfléchir : une sorte de bénédiction en quelque sorte.      
Jimmy JIMI (Un grand merci aux visiteurs qui laissent des commentaires!)



Tracklist :
CD1 :
01 - Gangsters
02 - A Message To You Rudy
03 - Nite Klub
04 - Too Much Too Young
05 - Guns Of Navarone
06 - Skinhead Symphony
07 - Rat Race
08 - Rude Boys Outa Jail
09 - Stereotype
10 - International Jet Set
11 - Do Nothing
12 - Maggie's Farm
13 - Braggin' And Tryin' Not To Lie
14 - Rude Boys Outa Jail (Version)
15 - Ghost Town
16 - Why
17 - Friday Night Saturday Morning
18 - Concrete Jungle [Live]
19 - Racquel
CD2 :
01 - The Boiler
02 - Theme From The Boiler
03 - Jungle Music
04 - Rasta Call You
05 - Easter Island
06 - War Crimes (The Crime Remains The Same)
07 - Version
08 - Racist Friend
09 - Bright Lights
10 - Nelson Mandela
11 - Break Down The Door
12 - What I Like Most About You Is Your Girlfriend
13 - Can't Get A Break
14 - Nelson Mandela '88
15 - Ghost Dub '91
16 - Let Us Unite
CD3 :
01 - Ghost town [Extended Version]
02 - Why
03 - War Crimes (The Crime Remains The Same)
04 - Racist Friend (Instrumental)
05 - Bright lights (Instrumental)
06 - Nelson Mandela
07 - Break Down The Door
08 - What I Like Most About You Is Your Girlfriend
09 - Can't Get A Break
10 - Nelson Mandela '88
11 - Ghost Dub '91 - Let Us Unite
MP3 (320 kbps) + artwork
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lundi 14 avril 2014

GIORA FEIDMAN ~ The Magic Of The Klezmer [1986]


Certaines personnes ont une géographie intime : des lieux où leur être tout entier vibre à l’unisson du paysage. Il en va de même pour certaines musiques dont on sent qu’elles chantent au plus près de notre âme. Alors que vous étiez perdu dans une foule oppressante, étourdi par un brouhaha assommant, soudain vous entendez une voix familière tinter doucement à vos oreilles. Est-ce une mère, une amante, une sœur, un frère, un père ? Tout cela et bien plus. C’est l’esprit d’enfance qui vient vous parler du fond de votre mémoire la plus ancienne. Une souvenance qui daterait d’avant votre naissance comme si vous portiez littéralement cette musique dans le creux de toutes vos cellules. Lorsque je découvris la musique klezmer, il en fut ainsi. C’est une mère dans les bras desquels j’enfouis mon corps fatigué ; c’est une amante sur le sein de laquelle je pose ma tête en extase. Comment l’expliquer ? Cela ne se peut. Si je devais un jour proposer à quelqu’un une rencontre inoubliable de beauté, je lui ferai écouter The Magic of the Klezmer de Giora Feidman. Lorsque je me plonge dans cette musique, je vois défiler devant mes yeux les personnages truculents des Récits d’Odessa de Isaac Babel : truands juifs aux sourires de rasoir qui tuent comme ils respirent puis sont secoués de sanglots dans un même élan. Dans mon esprit revient également le choc de mon arrivée dans le vieux ghetto juif de Venise un jour ensoleillé du mois de mars : sa place principale me procura une émotion que j’aurais peine à décrire. Il y a pour moi dans cet album de Giora Feidman, tout l’ensorcellement, toute la joie baignée de larmes de la musique klezmer, toutes les nuances de la tradition yiddish que je connais, hélas ! fort peu. Cet album "magique" – il faut bien le dire – fera vivre sous vos yeux des scènes mémorables : vous y croiserez un jeune marié partant à la synagogue épouser sa promise avec la joie au cœur et le rire aux joues ; vous assisterez à la vie animée d’un ghetto, ses habitants qui se croisent et se saluent respectueusement du chapeau ; vous verrez enfin des hommes et des femmes avec des sourires comme autant de virgules de lumière. Du sein de cet album s’échappe une irrésistible cocasserie mêlée à une atmosphère diasporique qui charrie dans son sillon des cœurs lourds de chagrin – ainsi qu’un souffle propice au recueillement de l’âme. Si le génial guitariste Sabicas est l’emblème du flamenco dans le monde entier, alors Giora Feidman hisse, quant à lui, bien haut les couleurs de la musique klezmer. L’immense compositeur et chef d’orchestre, Leonard Berstein, disait ceci de Giora Feidman : "Vive Giora ! Vive sa clarinette, vive sa musique ! Il construit des ponts entre les générations, les cultures et les classes et il le fait avec un parfait génie artistique.". Soyez bons pour vous-mêmes et offrez à votre âme de l’enchantement. La joie, c’est comme la beauté : on n’en n’est jamais rassasié.
Evgueni ISCARIAN (Un grand merci aux visiteurs qui laissent des commentaires!)



Tracklist :
01 - Songs Of Rejoicing
02 - Ki Mizion
03 - The Mothers In Law
04 - Happiness Is A Nigun
05 - Papirossen (Cigarettes)
06 - With Much Sentiment
07 - Friling (From “Ghetto”)
08 - The Marketplace In Jaffa
09 - Hopkele
10 - Nigun
11 - A Dudele
12 - Music For “Ghetto”
13 - Humoresque (Halaka Dance)
14 - Gershwin Suite
15 - Freilach
MP3 (320 kbps) + front cover